ENTRE LES MONDES – expo photo – LAURÈNE SOON

Le 19 novembre, vernissage de la dernière exposition 2026 au Comptoir du livre

La photographe Laurène Soon pose aux murs du Comptoir les images d’entre les mondes, un projet photo autour du milieu du squat, dont la dernière version a été publiée aux éditions du Caïd, au sein de la collection Première Lame.

Jeudi 19 novembre, dès 18h, vernissage en présence de l’artiste 🥂✨

Lauren Soon est photographe et artiste visuelle, diplômée de l’ESA St-Luc Liège. Son travail mêlent photos, photomontages, collages, textes, éditions et dessins qui forment un univers dense, coloré, vivant. «Entre les mondes» documente des squats belges et constitue, pour la collection « Première Lame » des éditions du Caïd, sa première expérience éditoriale. Lauren crée aussi des visuels pour des musicien.ne.s et propose dans les écoles, des ateliers artistiques (musique, arts plastiques).

Entre les mondes
J’ai photographié pendant quatre ans un groupe qui occupe des bâtiments abandonnés en Belgique.
Les squatteurs.
La pratique du squat née de la présence de nombreux bâtiments habitables et inutilisés, lorsque se loger décemment devient compliqué
voir impossible pour certain.e.s.
Faite d’ami.e.s, de militant.e.s pour le droit au logement anti-capitalistes/antifa, de personnes sans-papiers, de curieu.x.ses, de hustlers,
de paumé.e.s, de voisin.e.s qui rendent visite, la petite bande évolue dans les décors de bric et de broc qu’elle s’approprie au fil des
propriétaires énervés, du temps et des ressources trouvées, offertes, collectivisées. Je documente ici cette histoire qui témoigne de
l’évolution des idéaux, des attentes et de la vie en collectivité.
On passe par les soupiraux et les fenêtres,
on remplace les serrures,
on ouvre des portes,
on se prend des portes,
puis on les referme.
On vit sur les déchets du capitalisme,
entre autres :
les bâtiments abandonnés qui attendent la gentrification
et les poubelles des grands magasins.
C’est la révolution chaque jour,
c’est tout un p’tit monde que l’on tente tant bien que mal de créer,
de faire émerger de ce qui a été cassé, de ce qui est bon à jeter.
Parfois on s’fait chier, on tourne en rond,
on s’rend bien compte que ce ptit monde n’est rien à lui tout seul.
Il existe grâce à sa lutte contre le grand monde.
Souvent, on rigole, on apprend à vivre ensemble.
Se faire virer par un propriétaire
qui veut continuer à attendre tranquillement l’augmentation des prix
réapparaître autre part, parfois plus forts, parfois plus faibles.
Et des cendres de l’âme d’un bâtiment abandonné émerge une communauté
Derrière les murs, entre les mondes.
Ding-dong.
Des nouveaux et des nouvelles arrivent :
invité.e.s, incrusté.e.s, bienvenu.e.s ou pas,
mais en tout cas, ils sont là.
Le temps passe, les certitudes bougent,
les gens partent, reviennent ou disparaissent.
Les envies, les relations évoluent.
Le squat brûlent.
La pratique rattrape la théorie.
Rien n’est figé.