CAMAR(A)DE

Sans doute ne pouvait-il y avoir meilleur titre à ce livre que Camar(a)de, associant la figuration squelettique de la Mort, la Camarde, au terme évoquant spontanément la lutte des classes et l’engagement partisan. Car c’est bien de ce double mouvement, combat et Vanité, qu’il s’agit ici, transposé en « territoire » poétique. On peut penser que la poésie engagée a fait son temps, mais l’intensité comme incantatoire avec laquelle Yannick Torlini parvient à l’informer lui donne une nouvelle radicalité.


Ça frappe, ça creuse et ça doute, dans Camar(a)de, et l’homme y est à la fois ployé et droit. Il y a la pelle et la pioche, les jours travaillés, le corps (à corps), le sang, la sueur, l’Usure. Avec et dans la langue : le ressassement, une sorte de bégaiement, une manière d’avancer dans la phrase mot après mot, en va-et-vient aussi, grâce aux assonances, à la ponctuation ou aux parenthèses. Des blocs de prose heurtée, de plus en plus hachée, et un certain lyrisme. Et cette adresse, ce tutoiement/injonction au camarade. Un impératif, véritablement.

14€

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