COMME UN PREMIER JEUDI

Les jours s’égrènent comme dans un journal, le temps s’y concentre et interroge l’écriture : ses moments de doutes, ses fulgurances, ses latences, ses joies. Autrice et lecteur.ice.s font ensemble l’expérience des mots, dans ce qu’ils induisent en chacun de nous. D’une plume à la fois intime et sensible, Edith Azam se livre sur la poésie qui l’anime, cette écriture qui, quoi qu’elle suscite, est pour elle une nécessité.

Alors que les jours se succèdent, les mots deviennent palpables, le poème, tangible, grâce au «tu» polymorphe auquel s’adresse l’autrice. A l’instar de Paul Célan qui écrivait : Je trouve le lien qui, comme le poème, mène à la rencontre. L’écriture d’Edith Azam devient un lieu d’échange où chacun trouvera son interlocuteur. La nature (arbres, oiseaux, astres...) n’est jamais loin. Mots, jours et saisons combinent la vie dans ce qu’elle a de plus créatif, dans ce qu’elle offre de possibles.

En miroir, les illustrations d’Anne Leloup dévident des éléments de cette nature. C’est l’encre de Chine, avec ses noirs profonds, qui ponctuent les poèmes, laissant aussi des blancs pour créer un double mouvement et une respiration entre les images et les mots.

Entre exploration et introspection, "Comme un premier jeudi" nous donne à lire un texte sur la puissance des mots dans l’expérience du vivant. Une invitation à puiser en nous l’essence de la langue, sa beauté comme ses failles, pour en faire un instrument propre, où la vie se déploie.


À propos de l'autrice : 

Edith Azam adore les biographies parce que ça lui donne l’occasion de parler de son chien, Bulle. En ce moment, Bulle ne bouge plus, il a très mal au dos. Edith lui souffle des petits poèmes tout le long de sa colonne vertébrale. Bulle adore ça. Edith lui a même lu le livre que vous avez dans les mains. Ni une ni deux, Bulle est sorti du panier, a dit : Ouaf ouaf et méga ouaf ! Edith est très contente. Voilà ! On dira aussi qu’Edith Azam vit en moyenne montagne et qu’elle aime la musique, rêver, danser, les écureuils, la neige, les gribouillis, douter, la joie. Pour ce qui est de son rapport à l’écriture, tout est dit dans Comme un premier jeudi.
 
Extrait : 

Tu vois, j’ai tenu, je suis là. Je suis vraiment là. J’écris, et tiendrai, dans toute la difficulté d’écrire. J’y vois la fièvre, le noir, l’abîme dans lequel, fatalement, nous nous rejoindrons, serons égaux, au même pas de danse. Il nous faut être fous, complètement désespérés pour en arriver à un tel geste : écrire. C'est peut-être cela qui est inadmissible : que nous parlions de choses que, tous, tentons de fuir. 




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