LA NUIT DE TLATELOLCO
Histoire orale d’un massacre d’État
Préface de Joani Hocquenghem
« Pour le Mexique, 1968 se résume à un seul nom, à une seule date : Tlatelolco, 2 octobre. »
Elena Poniatowska
Alors que le monde pliait sous la fronde d’une jeunesse rebelle, le Mexique aussi connaissait un imposant mouvement étudiant. Dix jours avant le début des Jeux olympiques de Mexico, sous les yeux de la presse internationale, l’armée assassina plusieurs centaines de manifestants.
Cette histoire sociale est racontée oralement par celles et ceux qui avaient l’espoir de changer le Mexique. Elena Poniatowska leur a donné la parole en collectant des centaines de témoignages, entrecoupés d’extraits de presse, de slogans, dans une construction chronologique haletante.
Livre référence, édité pour la première fois en 1971 au Mexique, La Nuit de Tlatelolco visait surtout à rétablir la vérité historique. Près de cinquante ans après les faits, face à l’impunité persistante des responsables au sein de l’appareil d’État, les revendications de justice et de mémoire collective continuent de résonner sous le slogan « Le 2 octobre ne s’oublie pas. »
En 1954, elle publie son premier roman en partie autobiographique, Lilus Kikus, un des livres de jeunesse les plus lus au Mexique qui met en scène une petite fille rêveuse et anticonformiste dans le Mexique des années 1950. Mais son premier grand roman, couronné par le prix de littérature Mazatlán, est Vie de Jésusa (Hasta no verte, Jesús mío, 1969), issu d’un entretien avec une blanchisseuse.
En tant que journaliste et femme engagée, elle s’intéresse aux épisodes marquants du Mexique contemporain dont elle tire des recueils de témoignages : La Noche de Tlatelolco (1971), qui gagne le prix Xavier Villaurrutia mais qu’Elena refuse demandant au président Luis Echeverría comment les morts, eux, seraient honorés ; puis Nada, nadie. Las voces del temblor (1988) sur le grand tremblement de terre de 1985. Parmi ses livres plus récents, on trouve: Las siete cabritas (2000), La piel del cielo (2001), El tren pasa primero (2006), Amanecer en el Zócalo, los 50 días que confrontaron a México (2007), etc.
Elle a participé à de nombreux mouvements politiques et de défense des droits humains, et est la première femme à avoir reçu le prix national de journalisme et, en 2013, le prix littéraire le plus prestigieux en langue espagnole, le prix Cervantès.

