LE TRAVAILLEUR DE L'EXTREME
Iggy Pop porte un tablier de marchand de fruits et légumes, Sean Connery prend la pose en slip à l’AFPA, un superhéros trône sur sa motocrotte, un fan de Picasso vide des poubelles, Plastic Bertrand plane sur des seaux de choucroute… Autant d’histoires folles qui ont émaillé le quotidien d’un travailleur précaire, racontées avec un sens de l’humour et de la mise en scène décapant.
À l’heure où le droit du travail disparaît dans les limbes, où les attaques du néolibéralisme n’ont jamais été aussi fortes, on lira avec délectation ces récits qui nous rappellent la réalité de la production capitaliste – absurde, risible, et parfois tragique –, et qui nous poussent surtout à nous engager dans la seule voie possible pour y résister : le sabotage !
La première cliente débarque.
« Je voudrais du merlan s’il vous plaît.
— Bien sûr madame, pouvez-vous juste me dire où se trouve ce poisson ?
— Vous ne connaissez pas ? Vous n’êtes pas poissonnier ?
— Non.
— Ah… c’est celui-ci. Pouvez-vous me faire des filets ?
— Ben non, par contre je vous propose de vous en mettre quatre pour le prix d’un. Ça vous tente ?
— Vous pouvez faire ça ?
— Je peux tout faire, c’est oui ou c’est non ?
— Allez-y. »
Il a voulu me foutre là, il se démerde. Je ne fais quasiment rien payer aux clients.
