LES ENFANTS DES OISEAUX : LA LANGUE VOLEE
Au XIIIe siècle, le roi des Romains, de Sicile et de Provence-Bourgogne Frédéric II de Hohenstaufen devint rapidement aussi légendaire que son grand-père Barberousse. Il se montra, à bien des égards, précurseur de la Renaissance. Féru de poésie, de sciences naturelles, de langues, de mathématiques et de métaphysique, ayant accueilli à sa cour des savants du monde entier, il fut à l’origine, entre autres : de la sixième croisade et de la reconquête des lieux de la chrétienté (tout en ayant été excommunié à deux reprises par le pape), de la construction de multiples châteaux, de la promulgation d’un édit autorisant la dissection des cadavres humains (ce qui n’avait pas été permis depuis le IIIe siècle), et de la rédaction d’un manuel de fauconnerie en latin, De l’art de chasser aux moyens des oiseaux, d’une précision ornithologique telle qu’elle servit de référence jusqu’au XXe siècle.
Cette expérience a servi de point de départ à l’écriture de ce conte, Les enfants des oiseaux, qui en est inspirée. Un point de départ qui aurait pu trouver sa source ailleurs. Car l’expérience connut d’autres déclinaisons : on la rencontre déjà dans les écrits d’Hérodote, et elle fut réitérée par la suite, au XVe siècle par Jacques IV d’Ecosse, et à la fin du XVIe siècle en Inde par Akbar Le Grand…



