PRECIPITES

Les Précipités de Valérie-Catherine Richez sont des fragments, des blocs de prose ciselés écrits à l’imparfait, ou un passé plus ou moins accompli (chacun ponctué, en contrepoint, par une phrase en italique, sans temporalité, elle, et qui fait figure d’aphorisme discret), qui séquencent image après image, d’une manière extrêmement visuelle, une longue adresse à une femme – peut-être la narratrice elle-même –, une absente, ou plutôt une « absentée ».


Comme des paysages, en traversées, en errance, à la fois abstraits et très nets. Des éclats, des lumières, du verre, des reflets, des transparences ; la nuit, la neige, la glace, le gel ; des villes, des murs, des écrans. Scintillements, miroitements, surfaces réfléchissantes, crépitements lumineux, cônes incandescents… Quelque chose de sonore, aussi, comme un souffle continu, une respiration plutôt, des résonances, des réverbérations, une « langue de bruits », des crissements. Peu d’hommes, ou réduits à des « figurines figées dans une boule de verre où la neige n’en finissait pas de tomber », pour dire « l’errance de ceux qui ont perdu leur trace ».

Valérie-Catherine Richez nous porte dans une langue magnifique au cœur de l’opacité de nos vies, de notre présence/absence au monde, de l’inquiétude d’être peut-être tout simplement. « Comme l’énigme qui creuse en nous. »

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